Arrivé à la hauteur de l’immeuble de Claude, je zoome et
je cadre le dessus de l’immeuble. J’ai l’impression d’être
projeté tout entier vers le toit, là où se trouve la terrasse où
Claude a pris son dernier bain de soleil, quelques minutes
avant l’ultime rencontre avec son destin. Je peux apercevoir
les plantes et les arbustes qui longent la rambarde située du
côté du boulevard. Le ciel est d’un bleu parfait, pas un seul
nuage n’oserait interrompre ce flirt entre mon objectif et le
ciel limpide du 16ème arrondissement. Je cadre le dernier
étage, les vitres de droite du 9ème étage sont celles de la
chambre de Claude, celle où il dormait, où il cherchait le
sommeil, celle où il fut alité pour la dernière fois, mort. Les
vitres à gauche de celles de la chambre sont celles de la salle
de bain de l’époque, l’endroit maudit où il a pris la décharge
mortelle ; juste derrière ces deux vitres, derrière deux tentures
brodées aux initiales CF, un demi-mètre derrière, une
décharge électrique transperçait le corps de Claude, ne lui
laissant aucun sursis, aucune chance de survie. Je suis pensif.
Je remonte la vitre et je contemple une dernière fois
l’édifice. Combien de fois n’ai-je pas déjà rêvé d’aller là-haut,
imaginé de me retrouver dans son appartement.
- Tu sais, Claude, je pense avoir une idée bien précise
de la manière dont ton appartement était agencé ; les
journaux et les livres te concernant l’ont tellement décrit en
racontant les dernières minutes de ta vie ainsi que les instants
qui ont suivi. J’étais bien déjà entré auparavant dans l’immeuble,