quelques notions scolaires de
mathématique qu’il me reste… J’abandonne et je me lance à corps et à coeur perdus dans la lecture relatant la galerie
des Claude François officiels et célèbres. Dingue, Yann est
dingue, encore plus dingue que moi et Bernard Frédéric est
à la masse, plus taré que n’importe quel passionné de Cloclo,
… Ouf ! Je ne suis pas si atteint que ça ; mon cas n’est
pas désespéré, je me soigne docteur, enfin j’essaie en tout
cas, depuis plus de trente ans.
Bon, tout cela est fait pour me rassurer sur le fait que Cloclo
attire toujours les foules et fait des émules chaque jour
mais moi là-dedans, qu’est-ce que je deviens ? Et si je
m’étais trompé sur toute la ligne et que ma propre existence
ne valait pas un clou ?
Après tout, pourquoi les fans de Cloclo s’intéresseraient-ils
à un livre qui parle d’un autre fan ? Ce qui les intéressait
surtout, c’était d’en savoir encore plus sur leur idole, de
pénétrer certains secrets d’alcôve, de pouvoir toucher du
bout des doigts le tombeau du pharaon, de le suivre à la vie
à la mort. Pour sûr, les fans, les vrais ne s’intéresseraient pas
à la passion d’un quidam ; d’ailleurs leur idole leur appartenait
et ils n’étaient pas prêts à partager ne fut-ce qu’un tout
petit peu. Est-ce que moi j’étais prêt à partager la manchette
en soie de la chemise de Claude ? A la découper en petits
morceaux pour que chacun en ait une part ? Etais-je prêt à
divulguer un élément de sa vie privée qu’ils ne connaissaient
pas ? Avais-je des photos, un scoop, une relique plus précieuse
que sa manchette de chemise ? Un costume de scène,
un peignoir imprégné de sa transpiration, sa gourmette, sa
montre ? L’avais-je côtoyé ? M’avait-il côtoyé à son tour ?
Avais-je écrit pour lui ?Avait-il une quelconque estime pour
ma petite personne ?