La soirée chez les Delon, en plein champ, sur des airs tonitruants
de Claude François, me fit découvrir deux solides
lascars qui connaissaient par coeur toutes les paroles de ses
chansons. Cédric à la sono avait mixé ses meilleurs tubes de
manière magistrale … Je n’avais jamais eu l’occasion
d’écouter des mixages aussi travaillés sur les refrains de Cloclo
et je regrette encore aujourd’hui de ne pas en avoir une
copie.Maritie et Gilbert Carpentier se seraient probablement
retournés dans leur tombe s’ils nous avaient tous vu évoluer
au fil de la soirée, mais le but avoué n’était que de passer un
agréable moment sans aucune autre prétention.
Le vin et le pastis aidant, je me suis imaginé la terrasse extérieure
transformée en scène, les vignes et les champs plongés
dans le noir d’une salle chauffée à blanc. Cédric à la
console et aux lumières, Jean-Claude à la trompette, que
j’appellerais Joseph bien entendu, Nathalie à la basse, sa
pauvre mère à la batterie (de casseroles bien entendu) m’accompagneraient.
Loïc et Simon seraient parfaits en Clodettes.
La scène m’appartenait, la musique et les choeurs
résonnaient jusque dans les champs, les jeux de lumière
scintillaient de mille feux tandis que le stroboscope achevait
de conférer à l’ensemble l’aspect psychédélique qu’il méritait.
J’entrepris quelques pas de danse comme ceux que
j’avais exercés lorsque j’avais quinze ans en compagnie de
ma voisine Brigitte ou de ma cousine Myriam selon les cas.
Je chantai à tue-tête sachant que la voix de Claude supplantait
la mienne et qu’on n’entendrait pas trop