mes écarts vocaux…Nous étions entre amis, en pleine campagne, sans
autres témoins que le vieux chat, quelques lapins et le ciel
étoilé du Lot qui est l’un des plus beaux du monde. La complicité
était totale, d’un naturel que beaucoup auraient pu
nous envier.
- Vas-y Cédric, mets la sauce, envoie la musique et
fais-nous tout éclater, tout exploser, jour et nuit, nuit et jour.
- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, voici le
shoooowww de … Claaaûûûde Françooîîîs. Woaw !
Nous avons refait le monde jusqu’aux petites heures du
matin, sous l’oeil ébahi des patriarches…Jamais, je n’aurais
cru vivre un tel décalage de lieu et de temps. Me retrouver
en pleines vignes dans le Lot avec des gens du terroir, des
fils de paysans, des vrais de vrais qui connaissaient les textes
de tes chansons et dansaient sur tes pas. Cette situation
cocasse et tellement inattendue me rendait ivre de bonheur.
Il ne manquait plus que les camions Podium, les ballons, les
confettis, le public et…toi ! Je suis rentré vers cinq heures
à pied et fourbu jusqu’à ma demeure que je distinguais de la
ferme des Delon. Ta voix continuait à porter dans le ciel du
petit matin. Les cinq cents mètres que j’avais à couvrir me
paraissaient en faire dix fois plus – les effluves du vin de
Cahors me tapissant l’intérieur des tempes - mais cela me
permettait de participer de loin à ce spectacle incongru qui
brisait le silence de cette profonde nuit d’été. Ursula dormait
profondément, elle nous avait quittés tôt dans la soirée,
refusant de se mêler à ces gens qu’elle ne connaissait que
très peu et qui étaient tellement éloignés de notre manière de
vivre. Je m’endormis à ses côtés en ayant l’impression
d’avoir ressuscité Claude François le temps d’un soir. Je me
demande encore aujourd’hui s’il ne nous a pas entendus, de
là-haut, en cette nuit d’été de l’an 2006.