car c'est lui qui doit être séquestré et ainsi être protégé de son
propre destin, de sa fichue manie de tout vouloir contrôler,
de tout vouloir rectifier, y compris cette maudite applique
électrique.Au plus j'y pense, au moins l'idée me semble
réalisable ; jamais Claude ne se laissera mener dans pareil
scénario. Je vais me faire jeter comme un malpropre et mes
chances de le sauver seront définitivement réduites à néant.
Je serre les dents, je rage sur moi-même. Quel idiot je fais.
Je suis incapable de sauver Claude François, moi qui le
vénère depuis tant d'années. Il m'a tellement manqué durant
toutes ces années et je ne trouve pas la solution, je suis vraiment
nul sur ce coup-là ! Les larmes aux yeux, je regarde
l'écran de mon Mac', j'ai envie de me perdre dans son fond
bleu, mes yeux s'embuent un peu et ma vue se trouble. Dans
le coin droit, la date indique dimanche 10 janvier 2006, 16
heures 22 minutes 17 secondes, 18, 19, 20, 21 . Mon
regard glisse vers le bas de l'écran et fixe à présent l'icône
«Mail ».Ca y est, je la fixe, je ne la lâche plus du regard.
Mon esprit se remet à fonctionner, la machine cérébrale
s'agite.