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Paris 16ème, 122 boulevard Exelmans, 10 janvier 1978.
Je monte les marches quatre à quatre, je
pousse la porte du premier étage et je me jette
dans l’un des deux fauteuils de cuir noir.
Claude me fixe et medemande de que je
lui veux .
- Claude, fais-moi confiance, je sais un tas de
choses, je suis là pour te sauver. Je suis venu
t’enlever à ton destin, tu vas fêter tes 39 ans
bientôt mais il va se passer quelque chose de
grave. je t’en conjure, écoute-moi, nous avons
rendez-vous le lundi 23 janvier avenue Foch
à dix heures trente
... Tu t’assoiras à la place du baron Empain
et je conduirai sa voiture en sortant du parking;
des hommes armés intercepteront notre
véhicule et t’enlèveront. Ce n’est pas grave,
je vais tout t’expliquer. Cela paraît insensé, je
sais, mais il faut que tu joues le jeu. C’est pour
ton bien, tu comprends? Je préfère que tu sois
séquestré quelques semaines plutôt que mort,
stupidement électrocuté et perdu à jamais
...
D’ailleurs, pendant ce temps, l’électricien
isolera les fils de l’applique de ta salle de bain.
Et puis, tu imagines le coup de pub que cela te
fera, toute la presse ne parlera que de cela :
“CLAUDE FRANCOIS, enlevé au beau milieu
du 16ème arrondissement en pleine journée.
Des millions de fans l’attendent et se sont
tous cotisés pour réunir le montant de la
rançon. Les ravisseurs n’ont choisi ni Johnny,
ni Sardou ou Aznavour; ils ont opté pour la
seule vedette pour laquelle une somme de
3 millions d’euros pouvait être exigée !”
Claude ne m’entend pas. Ce n’est pas grave,
j’écrirai la lettre aux ravisseurs et il sera choisi.
Certes il aura un doigt partiellement coupé
mais il évitera la décharge mortelle qui
traversera son corps et le foudroiera quelques
semaines plus tard. Claude m’a lui-même
encore répété qu’il préférait vivre en souffrant
plutôt que de mourir heureux ... |